La maquette d’instruction : chaînon manquant de notre culture aéronautique ?
A des époques où les systèmes embarqués étaient inexistants et où les équipages ne pouvaient compter que sur leurs seules compétences, il leur était vital d’identifier un avion le plus rapidement et le plus sûrement possible. Aussi, de la première guerre mondiale jusqu’à une époque assez récente, l’identification s’est imposée en tant que discipline à part entière au sein des écoles de formation des armées. Son enseignement et son apprentissage se sont effectués à l’aide de matériels qui font aujourd’hui l’objet de l’attention de nombreux collectionneurs : livrets, manuels, cartes, affiches, matériels de projection et surtout de très nombreuses maquettes, dites « maquettes d’instruction » ou encore « maquettes d’identification ». Au cours de la seconde guerre mondiale, les modèles d’avions traités et la diversité des productions ont été tels qu’il est difficile de tous les recenser et parfois même de déterminer leur origine avec certitude. Un rapide tour d’horizon permet d’imaginer le nombre de maquettes construites. Ainsi, aux USA, les maquettes étaient principalement au 1:72 et au 1:432 (« maquettes de poche ») et ont été pour l’essentiel réalisées en bois (par les écoliers), en métal (BronzeArt à New York) et en plastique injecté (Cruver à Chicago). En Allemagne, les maquettes étaient réalisées en plastique injecté au 1:200 (Wiking) mais aussi en bois au 1:50 (construction tchèque pour l’enseignement en salle). Le Royaume Uni a pour sa part essentiellement produit des maquettes en bois au 1:72 (The Authentic Model Co. Ltd. à Warrington et Aeromodels Ltd. à Liverpool) mais également en bakélite, en plastique injecté (Frog Pinguin) et en métal au 1:200. Paradoxalement, cette production de masse n’a en rien altéré l’attrait des collectionneurs pour ces maquettes. Leur intérêt historique est indéniable, d'autant que certaines d’entre elles sont maintenant devenues rares et même exceptionnelles ; c'est notamment le cas de celles représentant des avions qui n’ont jamais existé, mais qui sont le fruit des erreurs et des extrapolations des services de renseignements de l’époque. Par ailleurs, ces maquettes, à la fois miniatures et objets militaires, sont parfois de très belles réalisations - en particulier en bakélite - proches de l’épure ; alors élevées au rang d'objet de décoration, elles séduisent tout autant les collectionneurs que les néophytes. En France, ce type de pièces est peu collectionné. Les maquettes d'instruction ne font manifestement pas partie de notre culture aéronautique. Il faut se rendre à l’évidence que la date du 22 juin 1940 n’y est sans doute pas totalement étrangère : nous sommes sortis du conflit au moment où la production de ces maquettes participait de l’effort de guerre chez les belligérants et futurs belligérants. Pour cette même raison d'ailleurs, les avions français ont été très peu représentés malgré le nombre de maquettes produites. Une chose est sûre, ce ne sont pas les rares collectionneurs français qui s'en plaindront ! | ||||||||||||||||||
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